Les élèves de CM2 de l'Ecole Robert Doisneau de Lucenay ont lu et analysé "Je suis un tremblement de terre " de Martin Page, puis ont décidé d'écrire la suite en faisant grandir le narrateur.
Le narrateur, ainsi devenu journaliste, doit faire un reportage sur les enfants du monde ayant des maladies extraordinaires et qui ont donc besoin de son aide.
Après douze longues heures dans l’avion d’Air France One, j’atterrissais en douceur à l’aéroport de San Francisco qui est une grande ville de l’ouest américain formée de collines. Ça nous donne une impression de vague, c’est très beau à voir. J’ai pris mes bagages et j’ai aidé ma charmante assistante Clara à descendre car la caméra était lourde. Nous avons pris un magnifique « cable-car », le moyen de transport typique de la ville. Le chauffeur était très sympa, il m’a même fait un clin d’œil de bienvenue. Il a traversé la ville jusqu’à la villa où m’attendait un petit malade. Je suis entré dans cette grande maison qui me paraissait splendide: aucune porte, mais de beaux rideaux de soie incrustés de perles nacrées. Il y avait un magnifique canapé et deux fauteuils en cuir rouge au centre de la pièce.
Une fois entré, un homme grand, brun, vêtu d’un beau costume et d’une cravate me salua :
-Bonjour monsieur, on vous attendait car mon fils a une maladie étrange.
Une dame est alors sortie de la cuisine les yeux rougis, signe qu’elle avait pleuré:
- Bonjour, qu’est-ce que je vous sers ? Coca ? Fanta ?
- Non merci, juste un café noir si possible.
Je tournais la tête vers un petit garçon qui tenait une assiette avec des œufs et du bacon. Un petit chat roux le suivait. Le petit garçon m’a dévisagé puis s’est réfugié vers sa mère qui tenait un café et une bière :
-Et bien alors Antoine, tu as peur ?
Elle me désigna le canapé avec affection et me donna ma boisson. Ce café n’était pas bon du tout, je me suis retenu pour ne pas le cracher mais j’ai voulu faire honneur à cette maîtresse de maison qui semblait déjà tellement perturbée par la maladie de son fils.
J’ai enchaîné en m’adressant à Antoine :
-Bonjour, alors parle-moi de ta maladie.
Il m’a répondu en serrant son chaton dans ses bras et en s’asseyant dans le fauteuil :
-A chaque fois que j’ai chaud une éruption volcanique se produit dans ma ville et dans les villes alentours. C’est à chaque fois une véritable catastrophe. Des maisons sont détruites et les gens sont constamment en danger. Je ne veux plus vivre ainsi.
Il s’est mis à sangloter. Ses parents sont venus s’asseoir sur les accoudoirs, sa mère lui caressait les cheveux gentiment. J’ai réfléchi longuement en buvant mon café à petites gorgées. Je n’étais pas à l’aise car je sentais que cette famille se méfiait des médias et donc de notre caméra : elle avait peur que je ne trouve pas de solution et que seule leur histoire m’intéresse pour la diffuser dans le monde entier. Je devais donc trouver quelque chose à leur proposer pour les aider.
- Pour ne pas que tu aies chaud, essaye de t’habiller légèrement.
Clara m’a aidé à lui mettre un débardeur et un short mais au bout d’un quart d’heure une petite éruption sans conséquence s’est produite car il avait trop chaud. La famille n’était toujours pas rassurée et j’ai dû passer la nuit à réfléchir.
Le lendemain, j’ai décidé de les emmener consulter une volcanologue. Son cabinet était plein d’étagères remplies de pierres volcaniques et au sol se trouvaient des grands bacs de cendre. Cette visite m’a un peu bouleversée car elle m’a rappelé ma propre recherche de solutions à mon problème quelques années auparavant.
La volcanologue était vêtue d’un jean délavé et d’un sweet rayé jaune et noir. Elle a posé quelques questions à Antoine (son âge, sa taille, les langues qu’il parle, les manifestations de la maladie…) puis nous a dit très calmement:
-Tu es dans un pays où il y a beaucoup de volcans, il faudrait que tu ailles dans un pays où il n’y en aurait pas, où tu serais en sécurité et tu mettrais les autres en sécurité.
Charlie lui dit en levant les yeux au plafond: comme si on ne le savait pas !
Cela a fait rire Antoine par contre la volcanologue, elle, ne riait pas. Elle nous a montré un planisphère accroché au mur : il n’y avait pas de volcans en Sibérie. Elle s’est tournée vers Antoine en lui disant :
-Là-bas, ce serait l’idéal, en plus tu parles le russe !
Il lui a tout d’abord fait une drôle de tête, mais quand je lui ai dit qu’il s’y rendrait avec ses parents, il a retrouvé le sourire. Ceux-ci ont pris la décision de déménager pour le bien-être de leur enfant et ont rapidement fait leurs bagages. C’était une nouvelle vie qui commençait pour eux sans peur de la maladie.
Le lendemain, après avoir déposé Antoine, ses parents et son chaton à l’aéroport, j’étais dans l’avion à côté de Charlie, qui regardait le film que Clara avait tourné au cours de cette aventure. Clara était assoupie en face de moi. Nous partions en direction du Kenya avec une escale à Paris pour rendre le rapport de notre voyage.
Les auteurs : Iris, Quentin, Isabelle, Mélanie, Thibaut