Veduta est un mot italien qui, dans son sens premier, signifie vue.
Ce terme apparaît dans l’histoire de l’art chez les peintres italiens de la Renaissance pour qualifier une fenêtre placée à l’intérieur de la scène d’un tableau ouvrant la perspective sur un paysage naturel ou urbain.
Pour l’édition 2011, Veduta propose cette année une mise en scène en cinq actes de la transversalité des disciplines artistiques.
Après l'acte inaugural de Yona Friedman le 9 juillet dernier, invitant chacun à venir exposer dans son musée du XXIe siècle, un objet pour lequel il éprouve du plaisir à le voir partager, Veduta poursuit sa traversée de la diversité des cultures visuelles avec...
Le "Cube blanc", ou la création d'un musée installé au pied des immeubles
Un kiosque : dispositif de convergences, point de rencontres et de rendez-vous...
Un accueil en résidence d'artistes de Ernesto Ballesteros à Lyon et de Jarbas Lopes à Feyzin
Un concours de nouvelles, national et francophone en collaboration avec Télérama
Acte 1 : Yona Friedman, une figure tutélaire
L’acte inaugural de Veduta / Biennale de Lyon 2011 est l’invitation faite à Yona Friedman d’activer son Musée du XXIe siècle le temps d’une journée, le 9 juillet 2011, au Grand Parc Miribel Jonage, à proximité de Lyon. « Le Musée du XXIe siècle », nous dit-il, « est une invitation faite au public de venir exposer, dans une structure ouverte et très légère, un objet que la personne éprouve un plaisir à partager ». Et de rajouter à cela, non sans humour : « il faudrait que chacun accepte le risque du vol ».
À la question de savoir quelle méthode observer pour scénographier cette exposition, sa réponse est dans le droit fil de son utopie : « organisez une élection sur place. La personne élue par le groupe décidera de l’emplacement des objets ». Ainsi, le principe du Musée du XXIe siècle, processus commencé dès l’année 2000, est la construction « aléatoire » d’une collection dont l’inventaire prendra fin en 2100.
L’infrastructure qui accueille cette collection d’un nouveau genre est une « architecture de la survie », précaire, ouverte et peu coûteuse. Il y a dans ce processus un aspect qui constitue pour nous le cœur de l’intention de Veduta : le visiteur apporte l’objet à exposer et, par ce geste, participe au processus de l’artiste.
Il construit ainsi l’image que nous nous faisons de l’œuvre d’art. Mais le plus important est la disparition, à l’instant où chaque personne pose son objet choisi, de toute distance entre l’oeuvre et le spectateur. Dans cette nouvelle configuration, il n’y a plus de place pour les discours : le regardeur fait l’œuvre. Veduta s’inscrit dans la filiation de l’œuvre de Yona Friedman.
Acte 2 : le « Cube Blanc », un musée à Décines-Charpieu
L’idée du « Cube Blanc » à Décines consiste à créer un musée installé au pied des immeubles. Ce projet est né de la rencontre des habitants du quartier, des services techniques de la Ville de Décines, d’un bailleur social (l’OPAC 38), et du Centre Social de la Berthaudière. Le principe en est simple : créer une convergence entre la collection d’un Musée, le macLYON, et un groupe d’habitants, pour mettre l’exposition à l’épreuve, en questionner les tenants et les aboutissants, et en expérimenter l’ensemble des modalités. Les habitants du quartier seront tour à tour les conservateurs, les curators, les médiateurs, les régisseurs, les gardiens et les visiteurs de ce « Cube Blanc » qui, d’octobre à décembre, accueillera des expositions d’art contemporain conçues par ce groupe d’habitants.
Acte 3 : le Kiosque à Vaulx-en-Velin
Qu’il s’agisse du Musée du XXIe siècle ou du « Cube Blanc », les actions de Veduta sont des dispositifs de convergences, des points de rencontres et de rendez-vous avec l’oeuvre d’art. À Vaulx-en-Velin, nous avons souhaité cette convergence autour d’un « Kiosque » – un terme et une fonction devenus depuis une architecture. En collaboration avec l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon et sous la forme d’un concours à destination des étudiants de cinquième année, le principe d’organisation de ce Kiosque a été pensé pour un terrain vague de Vaulx-en-Velin. Il n’y avait ni programme, ni intention précise, juste un terme et un terrain disponibles. Les trois étudiants lauréats du concours, Amélie Gauthier, Vanessa Pointet et Thibaut Pierron, sous la direction de leur enseignant Christophe Widerski, ont imaginé un espace « capacitaire » à base d’échafaudages, qui fonctionne comme un « porte-manteau » sur lequel nous pouvons venir accrocher toutes formes et toutes fonctions. À partir du 15 septembre, des événements rythmeront la vie de ce nouvel espace public autour de quatre thèmes inspirés de la « terrible beauté » :
- 17 septembre 2011 : le patrimoine, un programme de musique actuelle confié à Damien Pousset, délégué artistique de la Biennale Musiques en Scène
- 1er octobre 2011 : la culture urbaine, une journée programmée par Bwoy Rudy, directeur de Revolution-R
- 15 octobre 2011 : la théâtralité, représentation d’une pièce de Samuel Beckett, mise en scène par Claire Truche, directrice de la Nième Compagnie et jouée par des habitants de Vaulx-en-Velin
- 29 octobre 2011, la littérature, la poésie (programme en cours) Chaque journée est clôturée par la projection d’un film dont le choix est confié à Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière de Lyon et délégué général du Festival de Cannes.
Important : la construction de cette structure est confiée à un chantier d’insertion accueillant six personnes réfugiées politiques, suivies par Forum Réfugiés. L’ensemble de l’opération de construction est conduit par le club d’entreprises PAS Rhône-Alpes.
Acte 4 : résidences d’artistes – Ernesto Ballesteros à Lyon (3e et 9e arrondissements) et Jarbas Lopes à Feyzin
Acte 5 : la voix off (en collaboration avec Télérama)