La biennale d'art contemporain

La biennale d'art contemporain à Lyon

Du jeudi 12 septembre 2013 au dimanche 5 janvier 2014

 


La Biennale 2013 : Entre-temps... brusquement, et ensuite

Le Récit
Langage structuré au récit manifeste pour les uns, ou image muette à propos de laquelle on peut vaguement dire quelque chose pour les autres, l’art est, à la manière du Vicomte Pourfendu de Calvino, un terrain d’opération tranché aux lignes de front cependant perméables, qui oppose depuis toujours deux factions antagonistes. Les uns rejettent l’idée selon laquelle il y aurait autre chose que le langage qui puisse raconter. Les autres, à l’image de Nelson Goodman, pensent que les œuvres d’art exemplifient des formes, des sentiments, des idées et construisent des mondes. Vieux débat que celui-ci. Insoluble. Les récits ont toujours cherché l’explication du monde. D’abord les mythes, puis les dieux et les légendes, et l’Histoire enfin. Et aussi, à l’évidence, tout ce qui relève du langage articulé ou non, dit ou lu ou tu : l’hystérie, la poésie, la littérature, la pensée… Mais les images ? Que disent-elles ? Mais que ce soit l’oeuvre qui raconte ou l’Histoire qui parle, il y a quelque chose malgré tout, ici, qui ressemble à s’y méprendre à un récit.

Le Texte
C’est au mi-temps des années 80 du siècle dernier qu’apparaît un nouvel héros "universel" : le Texte. Il est né de l’union hiérogamique du structuralisme européen et de la textualité universitaire états-unienne, mais il gagne bientôt le reste du monde pour devenir un "intertexte", puis un "supra texte" généralisé avant d’être le "cybertexte" des réseaux que l’on connaît. Aujourd’hui, tout peut être un texte en ce sens (la vie quotidienne, le corps, les représentations politiques), alors que les objets qui étaient auparavant des "oeuvres" sont désormais susceptibles d’être relus comme d’immenses ensembles ou systèmes de textes de diverses sortes". Ainsi, la "dictature" du futur, portée jusque-là par une Histoire messianique, celle de l’époque moderne, pour laquelle le futur éclairait le présent à l’aune de ce qu’il promettait (à coup sûr, des lendemains radieux), s’effondre au profit d’un récit infini qui englobe le maintenant, l’événement, et bien sûr également l’image et l’art. Et c’est à cet instant précis, qu’apparaissent soudain de nouveaux modes de composition de récits visuels dont les artistes s’emparent, ou plutôt que les artistes inventent. Ainsi, brusquement, ils grimpent aux murs, filment, portent des masques, dessinent, sculptent, tout cela simultanément. Ils construisent, déplacent, méandrent, concentrent et superposent des temporalités, des supports et des ombres, et des inversions, déplient et dévoilent. Et ensuite, ils découvrent une complexité qui est celle des temporalités du monde et des microrécits qui l’informent. Mais quoi qu’ils fassent, ils racontent – on peut ainsi dire qu’ils transmettent.

Raconte-moi une histoire
Pour Gunnar B. Kvaran, poser récit à côté de transmission c’est par conséquent énoncer l’évidence de ce qui se passe ("Le réel est ce qui se passe", dit le philosophe). Au néo-modernisme qui emplit nos murs et les patine d’une douce nostalgie, Gunnar B. Kvaran oppose une nouvelle attention à la forme. Car c’est une forme inédite de pensée. Et la forme de cette pensée est probablement ce qui dit le plus. Les histoires peuvent être bonnes, mais ce qui les distingue au bout du compte, on le sait, c’est la pertinence de leur forme, car c’est elle qui crée le sens en formant le récit.


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Voir aussi le projet Veduta

 Voir aussi le programme Résonance



Gunnar B. Kvaran, commissaire de la Biennale de Lyon 2013


Gunnar B. Kvaran est né à Reykjavik en Islande en 1955. Il obtient un doctorat en histoire de l’art en 1986 à l’Université de Provence, Aix-en-Provence. De 1983 à 1989, il dirige le Musée de sculpture Asmundur Sveinson à Reykjavik, de 1989 à 1997, le Musée d’art moderne de Reykjavik, et de 1997 à 2001, le Musée d’art de Bergen en Norvège. Il a assuré le commissariat du pavillon islandais de la Biennale de Venise en 1984, 1986, 1988 et 1990.

Depuis 2001, Gunnar B. Kvaran est directeur du Musée Astrup Fearnley à Oslo. Parmi les expositions récentes qu’il a conçues et organisées, on compte : Au nom des artistes, art contemporain américain vue au pavillon de la Biennale de São Paulo en 2011, les expositions monographiques d’Ernesto Neto, Nate Lowman, Charles Ray, Richard Prince ainsi que les rétrospectives de Yoko Ono et de Jeff Koons.

Entre 2006 et 2012, Gunnar B. Kvaran a été co-commissaire de la deuxième Biennale de Moscou, de l’exposition China Power station, dévolue à la création contemporaine chinoise à Londres et à Oslo, et de l’exposition itinérante Indian Highway, qui a fait notamment étape à Lyon.

Artistes invités

* Artistes produisant des oeuvres inédites pour la Biennale (80% des oeuvres de l’édition 2013)

Jonathas de Andrade *
Ed Atkins *
Trisha Baga *
Matthew Barney
Neïl Beloufa *
Gerry Bibby *
Juliette Bonneviot *
Dineo Seshee Bopape *
The Bruce High Quality Foundation *
Antoine Catala *
Xavier Cha *
Paul Chan
Ian Cheng *
Dan Colen *
Petra Cortright
Jason Dodge
Aleksandra Domanovi *
David Douard *
Mette Edvardsen *
Erró
Roe Ethridge
Edward Fornieles *
Gabríela Friðriksdóttir
Robert Gober
Karl Haendel *
Rana Hamadeh *
Louise Hervé & Chloé Maillet *
Fabrice Hyber *
Glenn Kaino *
John Kelsey *
Jeff Koons
Donna Kukama *
Margaret Lee & Michele Abeles *
Patricia Lennox-Boyd *
Laida Lertxundi *
Ann Lislegaard *

Nate Lowman *
MadeIn Company *
Václav Magid *
Helen Marten
Thiago Martins De Melo *
Bjarne Melgaard
Takao Minami
Meloko Mokgosi *
Paulo Nazareth
Paulo Nimer Pjota *
Yoko Ono
Aude Pariset *
Laure Prouvost
Lili Reynaud Dewar *
James Richards *
Tabor Robak
Alain Robbe-Grillet
Matthew Ronay *
Tom Sachs *
Georgia Sagri *
Hiraki Sawa
Mary Sibande *
Alexandre Singh
Sumakshi Singh *
Gustavo Speridião
Tavares Strachan *
Nobuaki Takekawa
Ryan Trecartin & Lizzie Fitch
Peter Wächtler *
Hannah Weinberger *
Ming Wong
Helga Wretman *
Yang Fudong *
Yang Zhengzhong
Anicka Yi
Zhang Ding

Teaser Biennale d'art contemporain 2013 



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