"Faire aimer la danse à de nouveaux publics en diversifiant encore plus la programmation. Aller vers ceux qui pensent encore que la danse n’est pas pour eux… Etonner les "aficionados" avec les dernières créations des "maîtres" et la découverte de nouveaux courants, de nouvelles expériences, de nouvelles formes artistiques. Garder les grandes oeuvres populaires qui rassemblent. Donner l’envie à tous de participer avec la création d'une fabrique de l’amateur qui offre de nombreuses possibilités aux spectateurs de devenir "acteurs de la Biennale" en vivant des expériences sensibles inédites, conduites par des artistes : Danser avec Mourad Merzouki, place Bellecour, devenir ambassadeur-complice des Cinébals, participer au concours de sauts sur Internet, découvrir des spectacles et danser avec ses enfants pendant le week-end famille… Voilà ce que propose cette nouvelle Biennale.
Les deux lignes de force de la Biennale 2012 affirment des valeurs et des nécessités absolues dans le monde de l’art d’aujourd’hui : soutenir davantage la création artistique et élargir la participation du public. L’équipe de la Biennale sera au service des artistes pour faire partager 19 créations dont 15 premières mondiales et suivre avec le public 8 résidences de création "made in Lyon". Vous pourrez ainsi entrer dans la fabrique des oeuvres et rencontrer les artistes lors de leurs résidences de créations. Ces échanges en direct seront relayés par numeridanse.tv, site de culture chorégraphique gratuit en résonance avec la programmation. De nombreux philosophes, universitaires, critiques d’art éclaireront également les enjeux de la programmation.
C’est notre fabrique du regard qui donne au public une place centrale, critique et active au coeur de la Biennale. Elle permet d’entrer de plain-pied dans le large panorama de la danse d’aujourd’hui qui convie le spectaculaire, le politique, l’émotion, l’exotisme, le réflexif, le récit, la virtuosité, le minimalisme, l’humour, la fête…
Une Biennale plus dense. Nous avons choisi de créer une Biennale plus resserrée, sur 18 jours, pour gagner en intensité, privilégier une ambiance festivalière et créer un précipité d’oeuvres qui se chahutent, se bousculent, se contredisent et s’éclairent mutuellement. Guidés par un désir d’ouverture entier, nous créons en permanence des grands écarts esthétiques qu’aucun thème ne peut rassembler. Nous espérons ardemment que cette disponibilité sensible devienne le terreau d’adhésion et de curiosité joyeuse des spectateurs. Il n’y a pas de titre à cette Biennale. C’est la quinzième édition de la Biennale de la danse de Lyon, un chiffre important pour à la fois saluer l’immense travail déjà réalisé et ouvrir un nouveau chapitre. Je souhaite que cet événement montre, une fois de plus et par ces temps difficiles, l’irremplaçable place que l’art, et en particulier l’art vivant, générateur de nouveaux points de vue, peut avoir dans la vie de chacun. Jean Vilar disait en 1965 : "Tant que le théâtre est en crise, il va bien". L’art est peut-être aujourd’hui ce lieu précieux où l’état de crise est associé à l’invention et à l’espoir. Profitons-en !"
Dominique Hervieu