Mois du film documentaire, à la Bibliothèque Municipale

Du 8 au 29 novembre 2011

Le Mois du film documentaire est une manifestation nationale coordonnée par l’association Images en bibliothèques, qui réunit tous ceux qui sont attachés à la promotion du cinéma documentaire.

Pour cette édition 2011, la Bibliothèque municipale de Lyon, présente 38 films dans 9 bibliothèques de la ville, sur le thème de la métamorphose.

La Métamorphose

Passage d’un état à un autre, modification, transformation ou évolution, la métamorphose est source de mystère et induit la complexité. Mieux, elle convoque l’étrangeté voire la bizarrerie. La métamorphose surprend, elle surgit et s’impose parfois, se glisse et s’immisce, se love même dans nos existences. Réels ou fantasmés, subis ou revendiqués, ces états métamorphosés ont inspiré la sélection de films de cette 12e édition du Mois du film documentaire.

 Site web du film documentaire

 Téléchargez le programme de la Bibliothèque municipale

 Site web de la Bibliothèque Municipale


Toujours dans le cadre du "mois du film documentaire"

Jusqu’au 29 novembre

Dans le cadre du « Mois du film documentaire », l’ENS de Lyon présente un ensemble de quatre soirées de projections-débats consacrées aux croisements entre espaces urbains et éléments sonores (bruits, rythmes, musiques) dans le cinéma documentaire, en partenariat avec le Consulat Général d’Allemagne à Lyon, le Consulat Général de Pologne à Lyon, la Mairie de Lyon. Le programme de cette manifestation coordonnée par la Bibliothèque de l’École a été conçu par la section de cinéma du Département des Arts et la section d’alle­mand du Département des Langues. Il présente une sélection internatioanle de films documentaires de facture diverse : films de patrimoine, reportages, fictions-docu­mentaires, films expérimentaux et art vidéo. Ce programme nous fera voyager dans le monde et le temps : le Berlin de 1927, les ruines de Varsovie en 1946, la Cracovie communiste de 1957, et plus près de nous deux métropoles cosmopolites des années 2000 : Istanbul et Téhéran. Ces films dédiés aux villes explorent autant d’univers sonores singuliers : bruits assourdissants de la ville industrielle, rythmes trépidants des capitales qui ne dorment jamais, musiques et traditions qui se transmettent, s’hybrident et participent de l’existence des individus et des communautés urbaines. L’expérience sonore devient partie intégrante de l’innovation cinématographique, en structurant la perception de la ville et de ses espaces.

Ces films dans leur diversité montrent combien les villes furent et demeurent des points de passage entre les cultures et leurs musiques. Telle est la dimension exem­plaire du film de Fatih Akin projeté en ouverture du cycle : film d’un allemand d’origine turque sur les musiques d’Istanbul. Un parcours dans le documentaire polonais de 1946 à 1969 mettra en évidence le rôle de la musique, guide de la narration cinématographique (Suite Varsovienne), ou symbole de la culture ouvrière (Dans la ville de Lodz). Les plus grands cinéastes font se rencontrer rythmes visuels et sonores pour donner à percevoir le tempo des villes : Munk, Kieslowski, Polanski. La question du rythme sonore et visuel est au coeur des premiers styles et mouvements cinématographiques : avant-garde russe, nouvelle objectivité allemande (Berlin, Symphonie d’une grande ville) qui inspirent le cinéma expérimental contemporain (Time is working around Rotterdam). Ces films donnent tous à voir et entendre le temps dans lequel vivent les urbains modernes. Dans ce cadre, des chercheurs et des cinéastes viendront partager leur expérience de la création et échanger avec le public : Mamad Haghighat, Paulina Jakobiec, Tamara Eblé, Talia Bachir-Loopuyt…


Mardi 8 novembre à 20h : Regards allemands sur Istanbul, soirée d’ouverture

Ouverture : Monsieur Jacques Samarut, Président de l'ENS de Lyon et Monsieur Christian Seebode, Consul général de la République fédérale d'Allemagne à Lyon

Regards allemands sur Istanbul, soirée d’ouverture
Crossing the bridge : the sound of Istanbul de Fatih Akin Allemagne, 2004, 90 mn, 35 mm
À la suite de leur collaboration pour la réalisation de la bande son du long-métrage Head On, le réalisateur Fatih Akin et le musicien Alexander Hacke (bassiste du groupe allemand Einstürzende Neubauten) sont partis à la découverte d’Istanbul, métropole au carrefour de l’Orient et de l’Occident. Les rencontres, les enregistrements live des musiciens et des ambiances sonores de la ville révèlent l’effervescence de la scène musicale. Les oscillations pendulaires entre l’Asie et l’Europe expliquent les réelles interpénétrations d’influences, de genres et d’instruments qu’on entend dans les musiques d’Istanbul. Au fil des parcours dans la ville - au cours desquels il arrive d’ailleurs à Alexander Hacke de jouer avec les musiciens de rencontre (notamment avec le groupe Baba Zula) - Crossing the bridge dessine une Istanbul foisonnante et multiple. Fatih Akin réalise son projet de départ : « passer le pont » pour tenter de comprendre les cultures qui sous-tendent ces musiques.
En présence de Talia Bachir-Loopuyt, agrégée d'Allemand, ancienne élève de l’ENS de Lyon, doctorante en allemand et anthropologie (EHESS Paris / Université Humboldt Berlin), spécialiste des musiques du monde.


Mardi 15 novembre - 20h : Villes et musique dans le documentaire polonais : 1957-1969

Ouverture : Monsieur Jan Matas, Responsable du développement international à l'ENS de Lyon et Monsieur Wojiech Tycinski, Consul général de Pologne à Lyon

Villes et musique dans le documentaire polonais : 1957-1969
Suita Warszawska (Suite varsovienne) de Makarczynski, Pologne, 1946, 18 mn, 35 mm
Rozbijemy zabawe (Cassons le bal) de Polanski, Pologne, 1957, 9 mn, DVD
Miejsce zamieszkania (Lieu de résidence) de Wroclawski, Pologne, 1957, 16 mn, DVD
Spacerek staromiejski (Promenade dans la vieille ville) de Munk, Pologne, 1958, 18 mn, DVD
Z miasta Lodzi (Dans la ville de Lodz) de Kieslowski, Pologne, 1969, 18 mn, DVD

Cinq films, trois villes : Varsovie, Nowa Huta et Łódź. La capitale polonaise, presque entièrement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. La ville nouvelle de Nowa Huta, construite après guerre comme symbole de la Pologne communiste, devenue un quartier de Cracovie. Łódź, enfin, centre du développement de l’industrie du tex­tile au XIXe siècle et célèbre pour son école du cinéma créée en 1948.
Dans ces cinq films, la musique joue un rôle central : elle guide la narration dans Suite Varsovienne, anime le bal de l’École de cinéma de Łódź dans le Cassons le bal, symbolise la culture ouvrière dans Dans la ville de Łódź. Une chanson à la gloire de Nowa Huta revient comme un leitmotiv dans Lieu de résidence. Sous les pas de la fillette rentrant de l’école, dans Promenade dans la vieille ville, Varsovie s’anime et s’adresse musicalement à la fillette esseulée. L’occasion de voir des films méconnus des plus grands cinéastes polonais : Polanski, Munk, Kieslowski.
En présence de Paulina Jakobiec, doctorante en études cinématographiques (Paris I Panthéon-Sorbonne), spécialiste de l’histoire du documentaire polonais.


Mardi 22 novembre - 20h : Le rythme et l’esprit des villes : New-York, Téhéran.

Le rythme et l'esprit des villes : New-York, Téhéran.
Money de Henry Hills USA, 1984, 15 mn, DVD
L’un des éléments-clé de Money, c’est la place qu’il fait à l’improvisation musicale caractéristique de la scène new-yorkaise, dont les performances de John Zorn, Track & Field, Toy Killers et Skeleton Crew. Il y a là quelque ironie du fait que la bande-son apparaît parfaitement contrôlée, mêlant de manière très élaborée fragments dedialogue émis par de multiples interlocuteurs, bruit généré automatiquement par le dispositif de synchronisation pendant la prise de vue, bruits de la rue et jeu des musiciens eux-mêmes. (Mike Everleth : Henry Hills : Money And Little Lieutenant, 14 mars 2011)

Kasi az gorbehaye irani khabar nadareh (Les chats persans) de Bahman Ghobadi Iran, 2009, 102 mn, 35 mm
Caméra au poing, Ghobadi suit deux jeunes musiciens qui cherchent à monter un groupe pour un concert clandestin qui financerait leur fuite. La plongée dans les sou­terrains, les caves et les voitures où sont confinés ces hors-la-loi de cinéma, est percée de scènes tragicomiques et de clips, qui font entrer dans le film, par flashs, des clichés du Téhéran diurne. Pop indé, rock mélancolique, rap rageur, soul persanne. Les images et les sons jettent un pont vers l’Occident, et vers des cinématographies contestataires nourries de musiques nouvelles, tout en soulignant la violence de la répression en Iran. Prix Un certain regard, Cannes 2009.
En présence de Mamad Haghighat, réalisateur, critique et historien du cinéma iranien.

Mardi 29 novembre - 20h : Du Berlin de Walter Ruttmann au Rotterdam de Valérie Jouve.

Du Berlin de Walter Ruttmann au Rotterdam de Valérie Jouve

Berlin : Die Sinfonie der Großstadt
(Berlin symphonie d'une grande ville) de Walter Ruttmann Allemagne, 1927, 113 mn, DVD
Berlin, Die Sinfonie der Großstadt de Walter Ruttmann est sans doute le film le plus représentatif du courant de la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit), qui domine les années 20 en Allemagne et se caractérise par sa volonté de représenter le réel sans fard. Avec les moyens de la caméra documentaire et du montage, ce filmsymphonique de 1927 présente la vie et le rythme de la jeune métropole de Berlin de l’aube à la nuit. L’esthétique de la modernité, imposée par le mouvement Dada, se prolonge dans cet hymne à la vitalité de la capitale alors en plein essor. Influencé par le cinéma soviétique, mais aussi par son expérience du « film absolu » ou abstrait, Walter Ruttmann, très proche également des photographes allemands contemporains, explore un nouvel environnement urbain, récemment industrialisé, où rapidité, communication, machinisme, simultanéité et mouvements de foule sont les nouveaux mots d’ordre. Lors de la première, un orchestre interprétait en direct la partition d’Edmund Meisel, considéré comme le premier véritable compositeur de musique de films de l’histoire du cinéma. Il a conçu une oeuvre subtile, en harmonie étroite avec l’image, où les sons suggèrent les rumeurs de la ville et les cadences des machines, l’agitation des citadins, l’alternance de sérénité et de frénésie.

Time is working around Rotterdam de Valérie Jouve France, 2006, 25 mn, Beta sp
Le film joue sur différents espaces, différentes temporalités contiguës, pour inventer le portrait avant-gardiste d’une ville. “Rotterdam, symphonie d’une grande ville”, à l’image du film réalisé sur Berlin par Walter Ruttmann en 1927.
« Le film de Walter Ruttmann m’a surtout accompagnée dans la volonté de s’abstraire pour ne retenir que les mouvements. Sur le tournage, je voulais de façon métho­dique, la plus méthodique permise, « échantillonner » des vitesses/sujets et des vitesses/caméra très différentes, qui me permettent de « tricoter » le plus librementpossible le sens - celui que l’on ne peut que ressentir. C’est vraiment un film de montage, accidenté et rythmé. Le son est très important : je voulais que son et image évoluent ensemble mais sans qu’aucun ne soit assujetti à l’autre. Et c’est par le son que j’affirme mon besoin de penser notre relation au réel. Qui n’a jamais entendu, dans la ville, un son qui construit une petite musique ? Et bien, cette expérience de travailler une bande son (enregistrement du réel) jusqu’à l’amener au musical pur est majeure dans mon travail, dans ce que je défends. Sans compter que le vivre était très jouissif quoiqu’angoissant, car les pièges étaient nombreux. Je pense être restée sur le fil ! » (V. Jouve, interview donnée au FID Marseille, le 9 juillet 2006).
En présence de Tamara Eblé, agrégée d'Allemand et élève de la section cinéma de l’ENS de Lyon et Lorène Giron, élève de la section musique à l’ENS de Lyon.

 Entrée libre
 Bibliothèque ENS Lyon - site Descartes - Théâtre Kantor - 15 parvis René Descartes Lyon. Tél. : : 04 37 37 65 55
 Pour plus d'infos voir le site de la bibliothèque Diderot



Retourner au menu accessibilité (haut de page)