Lyon Septembre de la Photographie

Du vendredi 9 septembre au samedi 29 octobre

Organisé tous les 2 ans, parallèlement à la Biennale de Lyon, Lyon Septembre de la Photographie rassemble de nombreux photographes autour d’une thématique donnée. La caractéristique du festival est de trouver et pratiquer le lien entre la photographie documentaire et l’art contemporain.

Le thème de cette édition : Italie' Dopo la dolce vita

"Le monde de l’art, - et Lyon septembre de la photographie en particulier - se devaient à leur manière de rendre compte et hommage à l’évènement politique majeur que représente ce 150ème anniversaire de l’Unité italienne. “Unité” illustrée par cette belle culture qui a souvent cheminé aux côtés de celle voisine de la France. Le lien entre art et politique, est justement illustré dans notre propos, par la vie, les textes et actions du poète, cinéaste, critique Pier Paolo Pasolini, entre les années cinquante de son arrivée à Rome et son assassinat intervenu à la fin de l’année 75. La pertinence de ses analyses dans les journaux de l’époque, sur la situation politique de l’Italie des années de plomb, juste avant sa mort, a parfaitement anticipé le développement de la mondialisation et du consumérisme généralisés, qui a abouti à la prise de pouvoir des néo-libéraux de Sarkozy à Berlusconi aux dérives droitières.

Pasolini a marqué de son empreinte toute l’histoire Italienne d’après guerre jusqu’à nos jours, et il nous a paru important, à l’heure de cette commémoration, de réaviver sa mémoire. Mémoire réexhumée dans l’évocation photographique des lieux où il a vécu et dans la présentation des extraits de ses “écrits corsaires” et “lettres luthériennes”. Il n’est pas de même, indifférent de noter que les années terroristes de plomb (1969-80) ont commencé au moment, où s’éteignait lentement le cinéma néo-réaliste italien des Rosselini, Visconti, Fellini, De Sica, Bolognini et Pasolini, comme pour conjurer la fin de la Dolce vita.
Cette “dolce vita”, devenue aujourd’hui concept commercial, exprimait à l’époque une joie de vivre retrouvée, après les années de guerre et de fascisme, dans l’ivresse paroxystique du maestro Fellini. Douceur italienne intemporelle que Bernard Plossu a saisi dans l’esprit nouvelle vague, en traversant saut par saut comme le géant botté qui ses petits clichés noirs et blancs d’iles en Iles Eoliennes.
Dans un autre registre, son camarade et compagnon Claude Nori - de souche italienne- , nous rappelle aux souvenirs vivaces des étés Viscontiens sur les plages des lidos caniculaires, où les jeunes et jolies italiennes, flirtent du bout du regard avec leurs roméos, au rythme bel canto des coups de pédale de Felice Gimondi. A l’orée d’un travail plus complet sur la photographie italienne, Lyon septembre de la photographie a voulu montrer un flash, comme un souffle documentaire et poétiques d’images, afin d’initier une réflexion ultérieure, à la fois sur les chemins de la photographie contemporaine, et sur l’Italie éternelle du 150ème anniversaire."


Gilles Verneret

 Plus d'infos sur le site de Septembre de la photographie





Retourner au menu accessibilité (haut de page)